La justice

Cet événement est intégré au cycle « 2022-2023 »

Si des deux Ă©lĂšves qui ont commis de concert la mĂȘme bĂȘtise, le maĂźtre n’en punissait qu’un, parce que l’autre est son neveu, il susciterait indignation et chacun verrait lĂ  une injustice. Mais existe-t-il vraiment un sentiment qui ferait reconnaĂźtre justice et injustice? Serait-il innĂ©? Serait-il façonnĂ© par les valeurs sociales, et donc varierait selon les Ă©poques et les sociĂ©tĂ©s? La justice n’a-t-elle pas des traits plus objectivement dĂ©terminables? Ce qui est sĂ»r, c’est que, dans toute l’histoire de la pensĂ©e, on s’est autant escrimĂ© Ă  la dĂ©finir qu’à chercher des arguments qui montraient l’impossibilitĂ© de le faire. DĂ©signe-t-elle la conformitĂ© d’un comportement, d’une prescription, d’un ordre, Ă  une norme? Mais sur quel critĂšres d’évaluation – attenant Ă  la morale, au droit, Ă  la politique, Ă  l’économie, etc. – une telle norme peut-elle ĂȘtre Ă  son tour dite juste? Et parle-ton de la mĂȘme « justice » selon que celle-ci intervient dans les relations inter-subjectives, relevant du droit privĂ© ou du droit public, dans les mode de constitution et de fonctionnement des institutions, dans la lĂ©gitimation des dĂ©cisions de la sphĂšre privĂ©e ou politique, dans l’évaluation du rapport de production et de distribution des richesses? Un monde sans justice ne serait pas possible cependant: aussi, bien qu’elle soit un casse-tĂȘte, faut-il que sans cesse la pensĂ©e lui donne sens.

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