Les Rencontres Philosophiques de Monaco
Quand on est jeune, il ne faut pas hésiter à s’adonner à la philosophie, et quand on est vieux, il ne faut se lasser d’en poursuivre l’étude. Car personne ne peut soutenir qu’il est trop jeune ou trop vieux pour acquérir la santé de l’âme.
Épicure, « Lettre à Ménécée »
Actualités
L'Europe : Héritage et promesse
Dans le cadre de la présidence monégasque du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe
L’Europe, en son histoire, a connu bien des crises, des régressions, de violentes secousses qui ont fait trembler ses assises, et des conflits en tous genres - jusqu’à une Guerre mondiale qui a fait des millions de victimes et failli réduire en cendres tous les principes sur lesquels elle reposait. Mais elle a tenu, et a continué à élaborer des formes de pensées où prédomine la nécessité de réguler les rapports entre les citoyen(ne)s et entre les États par des normes qui sauvegardent l’autonomie, la liberté de chaque citoyen(ne), l’isonomie, l’égalité entre les citoyen(ne)s, les droits inaliénables de l’individu, le droit de tous à une vie décente, le respect d’autrui et de la différence, l’hospitalité. Cette fidélité aux principes, grâce à laquelle l’Europe a pu harmoniser les entités dont elle est faite – territoriale, politique, sociale, culturelle, historique, scientifique, mythique, religieuse – semble aujourd’hui être bafouée par la montée du radicalisme politique, qu’il soit néoconservateur et revendique un retour de l’autorité – une certaine conception « close » de la nation souveraine et des frontières – ou qu’il vienne des Identity politics, qui de leur côté attaquent les fondements universalistes des institutions démocratiques...
L’Europe : héritage et promesse – Monaco
De l'empathie
Au Théâtre Princesse Grace
Elle a bien des rides, l’empathie – aussi vieille que la philosophie occidentale. Pour désigner cette union ou cette harmonie qui lie l’homme à l’univers tout entier, les Stoïciens parlaient de sympátheia, sympathie, alors qu’on utilisait plus généralement mais plus rarement en Grèce le terme d’empátheia (en, dans, et pathos, sentiment, passion ou souffrance), pour nommer soit la participation émotive qui liait le public à l’aède déclamant un poème – signification bien particulière – soit, en un sens plutôt négatif, le fait de se trouver, pour des motifs externes, dans un état de passion et de souffrance. Empathie et sympathie sont restées amies, sinon cousines germaines. Mais si la sympathie a d’abord connu une glorification croissante, jusqu’à signifier « fusion » entre deux âmes, pour ensuite progressivement se disqualifier et n’être plus, aujourd’hui, que la vague propriété de celui ou celle qu’on trouve « sympathique » (dès lors même un week-end, un T-shirt ou une soirée peuvent être « sympas »), l’empathie, elle, a pendant longtemps disparu des radars, pour ne réapparaître qu’au XIXe siècle...
De l’empathie