Présenté par Robert MAGGIORI, philosophe, membre fondateur Avec :
- Patricia ATTIGUI, psychologue clinicienne, psychanalyste et professeure à l’Université Lumière Lyon 2
- Solange CHAVEL, philosophe, maîtresse de conférences à l’Université de Poitiers
- Guillaume LE BLANC, philosophe, professeur de philosophie politique et sociale à l’Université Paris Cité
Elle a bien des rides, l’empathie – aussi vieille que la philosophie occidentale. Pour désigner cette union ou cette harmonie qui lie l’homme à l’univers tout entier, les Stoïciens parlaient de sympátheia, sympathie, alors qu’on utilisait plus généralement mais plus rarement en Grèce le terme d’empátheia (en, dans, et pathos, sentiment, passion ou souffrance), pour nommer soit la participation émotive qui liait le public à l’aède déclamant un poème – signification bien particulière – soit, en un sens plutôt négatif, le fait de se trouver, pour des motifs externes, dans un état de passion et de souffrance. Empathie et sympathie sont restées amies, sinon cousines germaines. Mais si la sympathie a d’abord connu une glorification croissante, jusqu’à signifier « fusion » entre deux âmes, pour ensuite progressivement se disqualifier et n’être plus, aujourd’hui, que la vague propriété de celui ou celle qu’on trouve « sympathique » (dès lors même un week-end, un T-shirt ou une soirée peuvent être « sympas »), l’empathie, elle, a pendant longtemps disparu des radars, pour ne réapparaître qu’au XIXe siècle (…) Robert Maggiori / © Les Rencontres Philosophiques de Monaco