L’infini du désir est mathématique. Il parcourt, pourrait-on dire, la suite infinie des nombres naturels, négatifs et positifs: comme de -10 à -11 et -12, de 11 à 12, 13, 14…, il va d’objet en objet, insatisfait et déçu par l’un se porte sur un autre, sur un autre encore, et ainsi de suite à l’infini, contrairement au besoin qui, lui, est en boucle, se satisfait, renaît, se satisfait… Le désir d’infini est métaphysique. Confronté constamment à ce qui lui manque, à ce qu’il n’a pas, il allie raison et imagination pour se porter vers ce qui ne peut pas « être là » et donc ne peut manquer: l’infini lui-même, l’absolu, le divin, la totalité, l’à-venir, l’éternité, la perfection, la plénitude ou la béatitude, le tout-Autre.
Robert Maggiori