L’amour fou

Cet événement est intégré au cycle « 2022-2023 »

On sait bien qu’en effeuillant la marguerite, un peu, beaucoup, passionnĂ©ment, on arrive Ă  la folie. Que serait un amour «raisonnable » qui Ă  la façon d’un horloger serait capable d’observer ses propres microscopiques engrenages et qui, en comptable tatillon, soupĂšserait les raisons d’aimer toujours plus et celles de ne point aimer davantage ou d’aimer avec modĂ©ration?
L’amour n’a pas de raison: au sens oĂč nul motif jamais n’explique que l’on aime, sauf l’ĂȘtre mĂȘme de l’aimĂ©(e), et oĂč la raison, quand l’amour est lĂ , vacille, s’aveugle ou s’anesthĂ©sie. L’on n’aime pas «parce que», ni «pour un temps», ni «plus ou moins», ni «à certaines conditions» – pas mĂȘme celle d’ĂȘtre aimĂ©(e) en retour. La seule mesure de l’amour, c’est la dĂ©mesure. Il n’a mĂȘme pas de langage propre pour se dire, se fie aux milliers de mĂ©taphores, pleines de flammes, de cƓurs et d’ardeurs, ou se rĂ©fugie tantĂŽt dans le silence tantĂŽt dans le chant ou le cri. Sans doute la littĂ©rature est-elle assez puissante pour le faire «sentir», cet amour fou, absolu, taciturne ou lyrique. Mais la philosophie? Elle n’a pas cessĂ© certes d’interroger l’amour – mais a-t-elle des concepts assez puissants, ou assez fluides, pour rendre raison de ce qui n’a pas de raison, l’amour fou?

Partenaires

Partagez