La solidarité

En collaboration avec les organisations Ă  vocation sociale et solidaire : Amade, Fight Aids Monaco, Licra, Peace & Sport.

Avec la participation des Ă©lĂšves et des professeurs de philosophie de l’institution François d’Assise – Nicolas BarrĂ© et du LycĂ©e Albert 1er de Monaco.

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Comme la libertĂ©, la fraternité a davantage un pouvoir incantatoire qu’un sens rigoureux – autre que celui de lien crĂ©e par l’appartenance Ă  une mĂȘme famille biologique. De plus, le terme s’impose et est Ă©levĂ© en drapeau moral, qui enferme dans ses plis et phagocyte celui, tout aussi digne, de sororitĂ©. A strictement parler, la fraternitĂ© Ă©chappe au champ opĂ©ratoire de la politique et fuit toute juridiction: aucune «mesure» ne la crĂ©e, aucune loi ne la façonne, aucun dĂ©cret ne l’oblige. Dans la Constitution française, le mot n’est citĂ© que trois fois, une fois comme devise nationale (libertĂ©, Ă©galitĂ©, fraternitĂ©), une fois comme «idĂ©al commun». Puisqu’elle n’exprime «aucune exigence prĂ©cise» (John Rawls), les chartes constitutionnelles internationales l’ignorent. Elles prĂ©fĂšrent convoquer la solidaritĂ©. Pourquoi en effet conserver cette rĂ©fĂ©rence, certes dĂ©lavĂ©e, estompĂ©e, aux liens de sang? Il est vrai que la solidaritĂ© a une Ă©trange histoire. Le solidum dĂ©signait Ă  l’origine une monnaie (on l’entend davantage dans l’italien soldo que dans le français sou, mais assez bien dans solde, ou soldat), mais en droit romain  «in solidum obligari» signifiait que divers dĂ©biteurs s’engageaient Ă  payer les uns pour les autres et chacun pour tous la somme Ă  rembourser. C’est la RĂ©volution française qui extirpe la solidaritĂ© du champ juridique et Ă©conomique, et l’applique Ă  l’attitude de secours, de soutien mutuel entre citoyens et citoyennes. DĂ©sormais, elle ne dĂ©signe plus qu’un rapport de «fraternité» justement, mais ou ĂȘtre frĂšres et sƓurs n’a pas de sens, puisque la solidaritĂ© ne pousse pas Ă  aider une personne parce qu’elle est membre de ma famille, mais suscite une entraide qui implique tous les membres d’une collectivitĂ© unis dans un sentiment de commune appartenance au groupe, Ă  la communautĂ©, Ă  la sociĂ©tĂ©, Ă  l’humanitĂ© toute entiĂšre. Ce qu’active la solidaritĂ©, c’est la prioritĂ©, sur le souci de soi, de la cohĂ©sion sociale, la «responsabilisation» de tous pour ce qui peut arriver Ă  chacun et l’engagement Ă  porter secours si ce qui arrive provoque une perte – de libertĂ©, de justice, de ressources, de dignitĂ©, de respect. DĂšs lors, «LibertĂ©, EgalitĂ©, Solidarité» serait une belle devise.

Intervenants

Raphael Zagury-Orly

Membre fondateur / Philosophe

Raphael Zagury-Orly, philosophe, a enseignĂ© dans de nombreuses universitĂ©s et Ă©coles d’art en Europe et en Israel.  Il est actuellement


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Patrick Savidan

Philosophe, membre du Jury

Patrick Savidan est professeur Ă  l'universitĂ© Paris II PanthĂ©on-Assas. Il a co-fondĂ© et est prĂ©sident de l'Observatoire des inĂ©galitĂ©s ainsi que


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Judith Revel

Philosophe, membre du Jury

Philosophe et traductrice, Judith Revel est professeure de philosophie contemporaine Ă  l’universitĂ© Paris Nanterre. Elle travaille essentiellement sur la pensĂ©e


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Guillaume Le Blanc est philosophe et professeur de philosophie. Son travail porte essentiellement sur la question de la « critique


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Sandra Laugier

Philosophe, membre du Jury

Sandra Laugier est professeure de philosophie à l'universitĂ© Paris 1 PanthĂ©on Sorbonne et membre de l'Institut universitaire de France. Ses recherches portent sur la


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