Conversation // Être bien dans sa peau

Cet événement est intégré au cycle « Semaine PhiloMonaco »

Pourquoi dit-on qu’on est bien dans sa peau, ou sa tête – voire ses baskets? Il ne s’agit évidemment pas de confort, pas même celui des pieds, mais bien d’un «état» psychologique dans lequel nous «sentons» que notre rapport à nous-même, le rapport aux autres et le rapport au monde est «lisse», semble «aller de soi», ne révèle aucun signe indiquant la présence ou l’imminence de quelque difficulté que ce soit. Pour qu’on puisse être dans un tel état, il faudrait d’abord que ce que je suis, ce que je fais, ce que j’ai fait, ce que j’envisage de faire, fût à la lettre «irréprochable», ne présentât pas, autrement dit, la moindre once de «mal» – pas même une petite mauvaise pensée. Ensuite, il serait nécessaire d’envisager qu’aucun mal ne pourrait me venir d’autrui, et donc qu’aucune des mille formes de la méchanceté ne se love plus dans aucune âme humaine. Du monde lui-même, enfin, aurait disparu tout ce qui s’opposerait à mon action, à mon travail, à ma santé, ou les rendraient pénibles – y compris les terrains arides difficiles à cultiver ou les routes en pente qui m’essoufflent. Voilà donc une chimère. C’est pourquoi «être bien dans sa peau» finit par n’avoir qu’un sens «physique», de confort du corps, et d’un esprit libéré des «soucis». Ce n’est pas si mal – mais ce qui est vraiment bien, c’est justement de se soucier des autres et du monde.

Intervenants

Géraldine Muhlmann

Philosophe et journaliste

Géraldine Muhlmann est philosophe et politiste. Agrégée de philosophie et de science politique, elle est professeur à l’université Paris 2…

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Maxime Rovere

Philosophe et historien de la philosophie

Maxime Rovere est philosophe et historien de la philosophie. Il a consacré plusieurs ouvrages à Spinoza et à son cercle d'amis…

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Bouba

Sportif

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