Où et comment peut bien naître le désir, si tant est qu’il naisse et ne soit pas «toujours là» – puisque l’être humain ne naît pas «fini» mais incomplet, «manquant», privé de tout ce que l’apprentissage lui donnera? Un neuro-biologiste citerait l’activité du système nerveux, en particulier le réseau hypothalamo-limbique dont l’activation répond à des stimuli hormonaux comme les œstrogènes, l’ocytocine, le testostérone, la prolactine – qui règlent peu ou prou l’activité sexuelle-affective. Mais du point de vue psychologique, quelle est la source native du désir? Un manque – qui en ferait un besoin? Un vide intérieur qu’on voudrait combler? Une tentative de reprise et répétition d’une expérience de plaisir passée? Une réponse à des stimulations venant d’ailleurs ou des autres? Un jeu provocateur ou provoqué avec le désir d’autrui? La pulsion d’être «plus» que ce que l’on est, qui pousse à rechercher ce qui jamais ne satisfait?
Robert Maggiori