Philoblog

Quels maux pour le corps ? Le corps souffrant // Sabine Prokhoris

« Un philosophe qui a traversé et ne cesse de traverser plusieurs états de santé a passé par autant de philosophies. » Friedrich Nietzsche

 

Quels maux pour le corps ? Telle est la question, difficile, qui nous réunit ce soir. Je ne prétendrai pas y apporter de réponse. Il s’agira simplement de proposer ici quelques éléments de réflexion, afin d’en éclairer certains aspects. Et, pour commencer, il me faut clarifier en quel sens j’entends les termes de cette interrogation, qui nous concerne bien évidemment tous et chacun, pour autant que, comme le remarque plaisamment le sociologue canadien Erving Goffman, chacun de nous déambule « équipé d’un corps ». D’un corps sensible à la douleur au moins autant sinon davantage qu’au plaisir, d’un corps exposé à la maladie, à la décrépitude, et à la mort. Et je rappellerai ici ce mot de Freud, qui, dans Malaise dans la civilisation, note ceci :

« Ainsi nos facultés de bonheur sont limités par notre constitution. Or il nous est beaucoup moins difficile de faire l’expérience du malheur. La souffrance nous menace de trois côtés : dans notre propre corps qui, destiné à la déchéance et à la dissolution, ne peut même se passer de ces signaux d’alarme que constituent la douleur et l’angoisse ; du côté du monde extérieur, lequel dispose de forces invincibles et inexorables pour s’acharner contre nous et nous anéantir ; la troisième menace enfin provient de nos rapports avec les autres êtres humains. La souffrance issue de cette source nous est plus dure peut-être que tout autre. »

Tels sommes-nous : vulnérables, dans tous les registres de ce qui constitue la commune humanité des mortels que nous sommes tous (…)

 

Sabine Prokhoris, « Quels maux pour le corps ? Le corps souffrant », Le Corps, Les Rencontres Philosophiques de Monaco, 2018, p.47

 

Les Actes de la saison « Le corps » sont disponibles sur la librairie en ligne philomonaco. 

« Un philosophe qui a traversé et ne cesse de traverser plusieurs états de santé a passé par autant de philosophies. » Friedrich Nietzsche

 

Quels maux pour le corps ? Telle est la question, difficile, qui nous réunit ce soir. Je ne prétendrai pas y apporter de réponse. Il s’agira simplement de proposer ici quelques éléments de réflexion, afin d’en éclairer certains aspects. Et, pour commencer, il me faut clarifier en quel sens j’entends les termes de cette interrogation, qui nous concerne bien évidemment tous et chacun, pour autant que, comme le remarque plaisamment le sociologue canadien Erving Goffman, chacun de nous déambule « équipé d’un corps ». D’un corps sensible à la douleur au moins autant sinon davantage qu’au plaisir, d’un corps exposé à la maladie, à la décrépitude, et à la mort. Et je rappellerai ici ce mot de Freud, qui, dans Malaise dans la civilisation, note ceci :

« Ainsi nos facultés de bonheur sont limités par notre constitution. Or il nous est beaucoup moins difficile de faire l’expérience du malheur. La souffrance nous menace de trois côtés : dans notre propre corps qui, destiné à la déchéance et à la dissolution, ne peut même se passer de ces signaux d’alarme que constituent la douleur et l’angoisse ; du côté du monde extérieur, lequel dispose de forces invincibles et inexorables pour s’acharner contre nous et nous anéantir ; la troisième menace enfin provient de nos rapports avec les autres êtres humains. La souffrance issue de cette source nous est plus dure peut-être que tout autre. »

Tels sommes-nous : vulnérables, dans tous les registres de ce qui constitue la commune humanité des mortels que nous sommes tous (…)

 

Sabine Prokhoris, « Quels maux pour le corps ? Le corps souffrant », Le Corps, Les Rencontres Philosophiques de Monaco, 2018, p.47

 

Les Actes de la saison « Le corps » sont disponibles sur la librairie en ligne philomonaco. 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Articles récents

Il faut ici étudier une question importante : pourquoi l’attention se porte sur les petits détails de la vie de chacun, et non sur les lieux de pouvoir ? Par exemple au travail : on regarde de près mes activités quotidiennes, on fait la liste de mes compétences supposées et on les mesure finement, on…

Lire
Aucun commentaire
18 janvier 2021

On sait trop combien déjà la violence humaine intraspécifique est désespérément létale (crimes, guerres). Aucune butée décisive, aucune retenue instinctive n’est inscrite au point de bloquer le geste qui tuerait. D’autre part, l’enracinement vital de la violence peut donner facilement l’occasion d’un montage idéologique justificateur. On peut ici penser au darwinisme social (les thèses d’Herbert…

Lire
Aucun commentaire
4 janvier 2021

Les Rencontres Philosophiques de Monaco dans le magazine culturel de Monaco, d’Art et de Culture Hiver 2020.

Lire
Aucun commentaire
28 décembre 2020

À l'origine des Rencontres ...

Ceci n'est pas une télévision ...

L'actualité philosophique...