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Adieu Bernard Stiegler…

Adieu Bernard Stiegler…

Bernard Stiegler nous a quittés dans la nuit du jeudi 6 aout 2020. Philosophe, théoricien, penseur du rôle, du statut et du déploiement de la technologie à l’ère de notre contemporanéité mais aussi de l’art, de l’architecture, de l’urbanisme, des nouvelles techniques de transmission et d’éducation, vif critique du néo-libéralisme et grand défenseur des possibilités les plus inédites dans la formation de notre « vivre ensemble », ouvrant et forçant toujours l’être humain à dépasser ses acquis pour inventer des pistes et des lignes de fuites à partir desquelles nous pourrions repenser l’avenir même de notre humanité, Bernard Stiegler était aussi et surtout un homme d’une générosité exceptionnelle. Il donnait et savait donner. A l’autre et pour les altérités sans voix de notre socialité et histoire.

Condamné à une peine d’emprisonnement en 1978, Bernard Stiegler se consacre à l’étude de la linguistique et de la philosophie. C’est durant ces années qu’il sollicite, depuis la prison, le soutien de Jacques Derrida. Le philosophe de la déconstruction accepte de coordonner et de diriger ses recherches doctorales et, en 1993, Bernard Stiegler obtient un Doctorat de Philosophie de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales.

Nommé, en 1988 à l’Université de Technologie de Compiègne où il a fondé en 1993 puis dirigé jusqu’en 2000, le centre de recherche « « Connaissances, organisations et systèmes techniques », il a aussi été Directeur de l’IRCAM de 2002 jusqu’en 2006. Il a ensuite été nommé au Centre Georges Pompidou, mandaté pour diriger le développement culturel de cette institution. Bernard Stiegler a aussi fondé et dirigé Ars Industrialis (www.arsindustrialis.org), une association internationale regroupant artistes, architectes, musiciens, philosophes, théoriciens et historiens des techniques et des sciences dont la mission est de créer et de formuler les conditions de possibilités d’une « politique industrielle des technologies de l’esprit ».

Bernard Stiegler a publié de nombreux ouvrages importants aux Editions Galilée, et notamment, La technique et le temps en trois volumes : Volume I : La faute d’Epiméthée (1994) ; Volume II : La désorientation (1996) ; Volume III : Le temps du cinéma et la question du mal-être (2001) ; et aussi, Constituer l’Europe, en deux volumes (Paris, Galilée, 2005) ; Mécréance et discrédit en trois volumes (Paris, Galilée, 2004 et 2006). Et plus récemment aux Editions Les Liens qui Libèrent (Paris, Qu’appelle-t-on panser ? en deux volumes (L’immense régression en 2018 et La leçon de Greta Thunberg en 2020).

Les Rencontres Philosophiques de Monaco saluent ici un penseur de notre contemporanéité et, en s’inspirant de ses dires et écrits, appellent à une revalorisation de la pensée et du questionnement philosophiques aujourd’hui au nom des générations à venir.

 

 

Crédit photo: Sciences Po Paris

Adieu Bernard Stiegler…

Bernard Stiegler nous a quittés dans la nuit du jeudi 6 aout 2020. Philosophe, théoricien, penseur du rôle, du statut et du déploiement de la technologie à l’ère de notre contemporanéité mais aussi de l’art, de l’architecture, de l’urbanisme, des nouvelles techniques de transmission et d’éducation, vif critique du néo-libéralisme et grand défenseur des possibilités les plus inédites dans la formation de notre « vivre ensemble », ouvrant et forçant toujours l’être humain à dépasser ses acquis pour inventer des pistes et des lignes de fuites à partir desquelles nous pourrions repenser l’avenir même de notre humanité, Bernard Stiegler était aussi et surtout un homme d’une générosité exceptionnelle. Il donnait et savait donner. A l’autre et pour les altérités sans voix de notre socialité et histoire.

Condamné à une peine d’emprisonnement en 1978, Bernard Stiegler se consacre à l’étude de la linguistique et de la philosophie. C’est durant ces années qu’il sollicite, depuis la prison, le soutien de Jacques Derrida. Le philosophe de la déconstruction accepte de coordonner et de diriger ses recherches doctorales et, en 1993, Bernard Stiegler obtient un Doctorat de Philosophie de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales.

Nommé, en 1988 à l’Université de Technologie de Compiègne où il a fondé en 1993 puis dirigé jusqu’en 2000, le centre de recherche « « Connaissances, organisations et systèmes techniques », il a aussi été Directeur de l’IRCAM de 2002 jusqu’en 2006. Il a ensuite été nommé au Centre Georges Pompidou, mandaté pour diriger le développement culturel de cette institution. Bernard Stiegler a aussi fondé et dirigé Ars Industrialis (www.arsindustrialis.org), une association internationale regroupant artistes, architectes, musiciens, philosophes, théoriciens et historiens des techniques et des sciences dont la mission est de créer et de formuler les conditions de possibilités d’une « politique industrielle des technologies de l’esprit ».

Bernard Stiegler a publié de nombreux ouvrages importants aux Editions Galilée, et notamment, La technique et le temps en trois volumes : Volume I : La faute d’Epiméthée (1994) ; Volume II : La désorientation (1996) ; Volume III : Le temps du cinéma et la question du mal-être (2001) ; et aussi, Constituer l’Europe, en deux volumes (Paris, Galilée, 2005) ; Mécréance et discrédit en trois volumes (Paris, Galilée, 2004 et 2006). Et plus récemment aux Editions Les Liens qui Libèrent (Paris, Qu’appelle-t-on panser ? en deux volumes (L’immense régression en 2018 et La leçon de Greta Thunberg en 2020).

Les Rencontres Philosophiques de Monaco saluent ici un penseur de notre contemporanéité et, en s’inspirant de ses dires et écrits, appellent à une revalorisation de la pensée et du questionnement philosophiques aujourd’hui au nom des générations à venir.

 

 

Crédit photo: Sciences Po Paris

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